mercredi 9 juin 2010

L’Université de Lausanne manifeste un intérêt particulier pour la Tunisie

Mohamed Aziz Baccouche est spécialiste en ingénierie et en management des systèmes d’information. Il est expert en business process outsourcing (BPO) ainsi qu’en information technologie outsourcing (ITO). C’est le premier Tunisien à avoir élaboré une stratégie de développement de l'outsourcing en Tunisie, début 2008. A ce titre, il a été complimenté par M. Montassar Ouaïli, PDG de Télécom Tunisie, auquel il a remis un exemplaire de son étude.

Diplômé en troisième cycle de l'école de commerce HEC Lausanne, il est aussi membre du Centre de compétences en matière d’outsourcing et d’offshoring, sous la direction de Pius Bienz, associé chez Accenture, et Professeur émérite à l’Université de Lausanne. Cet organisme de référence en la matière porte, selon notre interlocuteur, un intérêt manifeste aux pays d'Afrique du Nord et à la Tunisie en particulier.

Webmanagercenter: Pouvez-vous nous présenter le concept de l’outsourcing ?

Aziz Baccouche: Le concept d’externalisation des services, né aux Etats-Unis dans les années 1970, prend des appellations différentes selon les secteurs d’activités.

En effet, on parle «d’infogérance» dans les métiers de l’informatique mais on pourrait aussi rencontrer d’autres termes dans la littérature qui traite de ce sujet, tels que «l’impartition», la «cotraitance» ou encore les «facilities management».

De ce fait, bien qu’il soit couramment employé dans le milieu des affaires, la compréhension de ce concept est loin d’être évidente par les managers qui ont tendance à le confondre avec la sous-traitance, le downsizing ou même le reengineering.

Afin d’éclaircir et de cerner ce concept, comment pouvez-vous définir l’outsourcing ?

Parmi les définitions qui ont été citées dans plusieurs ouvrages et articles de recherche, celle donnée par Jérôme Barthélemy, Professeur à l’ESSEC à Paris, et Pius Bienz, Professeur émérite à HEC Lausanne et consultant international en outsourcing et offshoring, nous semble la mieux appropriée et la plus complète. En effet, ceux-ci considèrent l’outsourcing comme «le fait de confier une activité et son management à un fournisseur ou à un prestataire extérieur plutôt que de la réaliser en interne».

De là, nous comprenons que l’outsourcing, en français «externalisation», fait partie d’une nouvelle stratégie d’organisation des entreprises qui consiste à se focaliser sur le cœur d'un métier, en transférant tout ou une partie d’une fonction non stratégique à un ou plusieurs partenaires externes.

Quelles sont les différentes typologies de cette industrie ?

Plusieurs typologies d’externalisation ont été données, notamment celles citées par Pr Pius Bienz qui a focalisé sur les types d’activités externalisées, le nombre de partenaires de l’entreprise externalisatrice, et l’emplacement géographique des prestataires de services. En considérant le premier critère, l’externalisation ou «outsourcing» pourrait être décomposée en trois principaux sous-types, à savoir l’outsourcing des services de technologies de l’information (ITO), l’outsourcing des processus business (BPO) et l’outsourcing des processus de connaissances (KPO).

En se basant sur le second critère, on distingue, en revanche, le «mono-sourcing» dans le cas d’un seul prestataire de service externe, et le «multi-sourcing» dans le cas d’un nombre de prestataires externes supérieur ou égal à 2.

Enfin, en se focalisant sur le troisième et dernier critère de cette classification, nous distinguons les concepts «d’Onshoring», de «Nearshoring» et d’«Offshoring».

Pouvez-vous nous préciser la distinction entre les phénomènes de l’offshoring et du nearshoring ?

L’externalisation offshore est un sujet d’actualité qui a donné lieu à des débats passionnés lors de la campagne présidentielle américaine de 2004, étant donné la sensibilité des domaines qu’il touche, spécialement celui des hautes technologies.

Issu du vocabulaire pétrolier, le terme «offshoring» (délocalisation) s’applique à toute opération d’externalisation réalisée hors du pays d’origine de l’entreprise externalisatrice. Si l’offshoring est encore souvent assimilé aux activités de production, il touche, d’après Barthélemy, de plus en plus les activités de services.

Par ailleurs, on parle d’offshoring de services dans le cas où le pays où on y externalise des services est loin aussi bien géographiquement que culturellement du pays où se trouve l’entreprise externalisatrice.

Comment pouvez-vous alors définir le phénomène du nearshoring ?

L’externalisation nearshore ou «nearshoring», à la différence de l’offshoring, est le fait d’implanter une activité économique dans un pays proche du pays d’origine aussi bien géographiquement que culturellement. Citons l’exemple de l’Afrique du Nord pour une entreprise française.

Pour revenir au concept général de l’outsourcing, dans quel contexte est née cette notion?

Face à une forte croissance des services marchands aux entreprises et à une imbrication de plus en plus forte entre les métiers de production et les métiers de services, ces dernières n’ont guère plus le choix aujourd’hui que de se recentrer elles aussi sur leurs métiers de base, c’est-à-dire là où elles disposent de compétences internes avantageuses.

C’est dans ce contexte qu’est apparue la nécessité de recourir à l’outsourcing. En effet, en confiant à des prestataires externes une partie de ses activités, l’entreprise tend à assurer sa pérennité face à une concurrence rude et intense ainsi qu’aux exigences d’une clientèle souvent volatile.

Quels sont, d’après vous, les autres avantages de l’outsourcing ?

En recourant à l’outsourcing, l’entreprise, outre le fait de se recentrer sur son métier principal, développera davantage ses capacités d’innovation et de recherche.

Ce faisant, elle sera toujours en mesure de mieux gérer les fonctions critiques qui sont les siennes dans un marché où la demande exerce chaque jour sa pression. D’où la recherche d’idées novatrices et de positionnement performant, quitte à nouer des alliances et des liens de toutes natures entre les acteurs de l’économie du XXIème siècle.

Quel est le rôle des TIC dans le développement de cette notion ?

Grâce aux technologies de l’information et de la communication qui se sont développés depuis la fin du siècle dernier, l’entreprise sort de son périmètre classique en externalisant ses services -ou fonctions- périphériques comme les services généraux, la logistique et les ressources humaines…

Evidemment, elles le font sans tapage ni ostentation, par souci, sûrement, de préservation d’une certaine image et de prise en compte des impératifs de la paix sociale.

Ceci est d’autant avéré que les hommes politiques se mêlent au débat suscité par cette nouvelle approche des systèmes d’information qui constitue, désormais, une méthode de management consacrée par convergence de la mondialisation des échanges et l’évolution des technologies informatiques.

Mais comme l’enjeu est d’importance puisqu’il est en rapport avec le devenir d’une société en mutation notamment au niveau des emplois très qualifiés et des hautes technologies, il est indéniable que les Etats puissent définir, par le biais de la loi, les contours du nouveau champ sans cesse élargi de l’externalisation.

Celle-ci, naguère méconnue, est désormais une question d’actualité et qui revêt, pour les entreprises comme pour les pays, un caractère urgent.

Quel est l’état des lieux de l’outsourcing en Tunisie, et qu’en est-il de la situation dans le monde ?

L’outsourcing est un mouvement qui est visible depuis 2004. «Des pans entiers de l’économie mondiale se modifient rapidement à cause de l’offshore», selon Luc FAYARD de la revue 01 Informatique.

Amorcé aux Etats-Unis, ce mouvement s’est très vite développé. Peu de pays peuvent y échapper. Selon McKinsey Quarterly, 40% des 500 premières entreprises européennes ont commencé à délocaliser une partie de leurs opérations.

Par ailleurs, si l’on sait que les services représentent aujourd’hui près de 20% du commerce international et que le taux de leur croissance est autour de 6%, donc supérieur à celui du PIB mondial, l’on est en droit de s’attendre à un renforcement de cette tendance.

Au total, l’on peut affirmer que grâce aux technologies de l’information et de la communication (TIC), l’externalisation va générer une intensification des échanges mondiaux de biens et de services.

Quels sont les différents secteurs touchés par l’industrie de l’outsourcing ?

On peut distinguer différents domaines touchés par les secteurs du nearshoring et de l’offshoring, notamment ceux à forte valeur ajoutée, forte croissance et fort potentiel de développement, parmi lesquels nous pouvons citer : le développement de logiciels, la maintenance applicative et corrective, les solutions ASP, l’hébergement externe, l’ingénierie des réseaux, la gestion des plans de reprises d’activités, l’intégration des systèmes d’informations, les services de traitements, l’outsourcing RH, la gestion des relations avec les clients.

Source: webmanagercenter.com
Propos recueillis par: Imededdine Boulaaba



Outsourcing: Intéressant pour tous

Les services nearshore promettent d’avantage de transparence et de prestations pour les mêmes tarifs. C’est à ca titre que de plus en plus d’entreprises envisagent aujourd’hui le transfert partiel ou total de leurs ressources IT.
Une interview réalisée par «Business Facts» auprés de Hans Blindenbacher, CEO du prestataire d’outsourcing Econis SA, nous révele ce que les entreprises sont en droit d’entendre ;



En terme de meilleure stratégie IT, face à des complexités croissantes et des exigences plus élevées notamment en termes de pression des coûts et de la durée limitée des cycles d’innovation, Hans Blindenbacher opte en faveur du transfert des activités.
En effet et en examinant objectivement les possibilités externes en matière de la qualité des prestations de service, la stratégie « buy » se présente comme étant le choix optimal face à de telles contraintes.
Les projets IT, sont généralement présentés en tant que sous-projets de stratégie d’entreprise . Leur objectif est d’utiliser plus efficacement les technologies de l’information afin de créer de la transparence dans tous les services d’entreprise et faciliter ainsi les processus.

Le modèle d’outsourcing IT est basé sur l’acceptation non conventionnelle que ce sont les services, et non les technologies, qui exercent un contrôle, et c’est ainsi que les conflits entre les économistes et les techniciens demeurent envisageables.
C’est à ce sujet que le CEO, déclare que le monde informatique est divisé en deux camps ; d’une part, le camp traditionnel ou c’est l’euphorie de la technique qui prime, et, d’autre part le camp des visionnaires dominé par la mentalité de la prestation de service.

Le défi, pour un département IT orienté technologie, est de créer des solutions techniques intéressantes, il souhaite si possible fournir de nombreuses prestations avec des ressources propres. L’efficacité des coûts est surtout opérée par la réduction des facteurs de coûts externes, ce qui à l’avenir deviendra plutôt difficile.
Des processus de gestion IT et des Service Levels clairement définis en interne constituent plutôt l’exception. Aussi, la transparence et la motivation pour examiner et utiliser de manière cohérente les possibilités d’outsourcing externes font défaut.

Le défi, pour un département IT orienté service, est d’offrir le meilleur service possible au client. Les prestations à réaliser ou à acquérir en externe se basent sur des processus et des Service Levels clairement définis et sont transparents question gestion, contenu des prestations et prix. De tels départements peuvent exploiter au maximum les avantages de ces prestations.
Les deux variantes sont possibles. Mais la primauté de la technique est successivement remplacée par la primauté de la prestation de service. Les conflits d’intérêts naissent exactement là où les priorités sont contradictoires, mais ils peuvent aussi être source d’innovations!

En abordant l’adoption des scénarios d’outsourcing par les directions d’entreprises, Hans Blindenbacher souligne que les aspects IT sont aujourd’hui très bien maitrisés par les cadres d’entreprises, chose négligée dans le passé, il déclare que les resultats seraient bénéfiques pour tous si le processus IT est abordé avec l’objectivité necéssaire.

Pour finir, Hans Blindenbacher explique comment l’outsourcins peut offrir aux entreprises d’avantage de transparence à moindre coût ;

En terme de transparence de gestion IT, elle résulte d’un recensement systématique des processus, des prestations informatiques nécessaires et des frais connexes. Ces facteurs sont résumés dans un Service Level Agreement (SLA) et constituent la base de la collaboration entre une entreprise et des prestataires externes. En matière de Service Levels, des critères différents sont utilisés pour les prestations propres et externes. Ainsi, la transparence continuelle fait défaut, ce qui empêche de nouveau une évaluation de la gestion d’entreprise. Dans une entreprise dotée de structures SLA claires, la DG a une solide base de calcul et une transparence totale sur l’IT. Elle peut ainsi nettement mieux assumer sa mission de direction. En outre, les conditions sont ainsi créées pour un outsourcing réussi.

En terme de coût, il est évident que les PME ne peuvent guère fournir des prestations IT complexes sur la durée au même tarif qu’une société d’outsourcing, avec ses spécialistes et son savoirfaire.

Les arguments contre l’outsourcing, comme par exemple la dépendance ou la sécurité déficiente, sont faciles à réfuter et s’appliquent d’ailleurs également aux ressources internes. Chaque projet d’externalisation permet d’atteindre deux objectifs significatifs: une standardisation durable des processus IT ainsi qu’une homogénéisation des ressources IT. Les économies de coûts qui en résultent profitent directement à l’entreprise.

mercredi 2 juin 2010

Paris, une semaine très tunisienne

mer.02.06.10

La Tunisie est à la une tout au long de la semaine à Paris. Après le Forum de l’Atuge, dimanche 30 mai, c’est autour de Get'IT, groupement des sociétés de Nearshore Services, d’organiser jeudi 3 juin, au Press Club, Porte de Versailles, une matinée-rencontre qui traite de la valeur ajoutée du Nearshore nouvelle génération pour les éditeurs de logiciels.

Du vendredi 4 et jusqu’au dimanche 6 juin, ce sont les promoteurs immobiliers tunisiens qui tiendront à la Porte Champerret, la 3ème édition du Sitap. Sur 10 000 m2, ils seront 170 exposants à vendre aux Tunisiens de France et aux français amoureux du pays, terrains, villas et appartements partout en Tunisie. Le samedi 5 juin, le groupe musical Samsara donnera un concert à 18h au théâtre de la Reine Blanche (Metro La Chapelle).

Ce même samedi en matinée, les hommes d’affaires tunisiens établis en Europe se retrouveront à Bagneux, pour leur 12ème réunion annuelle qui sera ouverte par le ministre du Développement et de la Coopération Internationale, M. Mohamed Nouri Jouini, en présence de l’Ambassadeur de Tunisie a Paris, M. Raouf Najjar. Lundi 7, le ministre M. Mohamed Nouri Jouini, ira à la rencontre du Medef, en compagnie de Tarek Cherif, patron du groupe Alliance, et président du Comité France de l'organisation patronale et c’est reparti pour une autre semaine aussi tunisienne à Paris…